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Groupes de compétences en LVE

Une nouvelle organisation


 

1. Textes officiels

2. Outils nationaux et académiques

3. Rappel des principes de base

Qu'est-ce qu'un groupe de compétence?

Selon le plan de rénovation de l'enseignement des langues vivantes étrangères, mis en oeuvre dans la circulaire de rentrée 2006, il s'agit de groupes d'activités langagières, dans lesquels est travaillée une activité langagière dominante, couplée avec une ou deux autres. Selon le B.O du 29 avril 2010, « les groupes de compétences visent à centrer l’apprentissage autour d’une activité langagière dominante que l’on souhaite renforcer chez les élèves tout en prenant appui sur une ou plusieurs autres activités langagières dans lesquelles les élèves disposent de plus de facilités. »

Atouts:

  • L'intérêt bien réel du dispositif réside dans la gestion facilitée de l'hétérogénéité des élèves qui peuvent ainsi prendre conscience de leurs réussites et accéder à davantage d’autonomie.
  • Des profils d'élèves par activité langagière sont définis à partir d'une évaluation diagnostique.
  • L'évaluation est positive, on s'appuie sur les compétences observées dans une activité langagière pour en construire d'autres dans d'autres activités langagières: principe « des articulations vertueuses » entre activités langagières. La dimension culturelle de l’apprentissage de la langue reste au coeur des différentes activités. L’entraînement s’inscrit dans la durée et exige que soit travaillée l’articulation compréhension/expression, temps de parole/temps de silence, expression orale et construction de la personnalité.
  • Le travail d’équipe permet :
    • d’harmoniser la sélection des descripteurs pour l’entraînement et
      l’évaluation,
    • de définir une progression concertée, tout en gardant une liberté
      pédagogique.

4. Préconisations d'ordre pédagogique

  • Changer d'activité langagière dominante toutes les 6 ou 8 semaines semble réaliste. Ceci implique donc d’accepter de changer d'élèves, pour faciliter le développement de leur autonomie.
  • Éviter une trop grande fréquence des changements de groupes. Le changement de groupe en cours de période restera exceptionnel.
  • Ne pas composer les groupes comme des groupes de niveau (pour contourner cette difficulté, se référer au paragraphe « profil de l’élève »).
  • Éviter l'hyper-évaluation et redonner leur prépondérance aux temps d'entraînement.
  • Travailler plusieurs activités langagières sur la même période, sans limiter les entraînements à l’activité langagière dominante, ce qui permet aux élèves de se repérer par activité langagière.
  • S'appuyer sur ce que les élèves savent faire.
  • Évaluer positivement, selon des critères établis avec l'équipe.
  • Faire une fiche de suivi pour le conseil de classe.
  • Pratiquer la différenciation pédagogique au sein du groupe, à partir des mêmes supports ou non.
  • Un professeur, a fortiori s'il est le seul de l'établissement dans sa langue et par niveau, peut mettre en place un enseignement par activités langagières et par niveaux de compétence en fonction de la possibilité ou non d’organisation des classes dans l’emploi du temps.

5. La différenciation pédagogique et les groupes de compétences

Texte de référence: document académique "Guide de bonnes pratiques pédagogiques"

Différencier réside avant tout dans l’approche du professeur qui, connaissant ses élèves, peut distribuer des rôles différents, ce qui peut en outre être valorisant, en variant les formes sociales de travail. Il peut aussi s’agir d’une prise en compte individuelle, d’un travail en binômes ou en groupes. Le regard porté sur l’élève doit être bienveillant, l’attention, réelle, peu importe le niveau des élèves. Ce qui importe, c’est de faire progresser tous les élèves. Les groupes à effectifs réduits que permettent les groupes de compétences doivent impliquer la prise en compte de chaque élève, l’amener à réaliser des tâches au cours d’un processus d’apprentissage qui le mette en situation de réussite et le motive dans l’enseignement de la langue concernée (perspective actionnelle du CECRL).

La classe de 2nde accueille des profils d’élèves nécessairement hétérogènes. Certains élèves ont encore le niveau A1 au moins dans une activité langagière, un nombre important d’élèves a été validé au niveau A2 dans une langue ou positionné dans les deux langues, enfin d’autres ont été certifiés au niveau B1 au moins dans une activité langagière. Pour répondre aux besoins de ces élèves aux acquis divers, les dispositifs précédents n’ont pas suffi. Les groupes de compétences, sont en mesure de davantage répondre à la diversité des acquis et des besoins :

  • En identifiant les besoins de différenciation et les points d’appui possible,
  • En déterminant si la progression peut être collective et organisée de façon successive, c’est-à-dire en faisant varier les activités et/ou les supports d’apprentissage au sein de la séance ou de la séquence. On peut ainsi proposer des supports de complexité diverse pour mettre le plus grand nombre possible d’élèves en situation de réussite.
  • Organiser la progression en tenant compte des besoins spécifiques des élèves, notamment en proposant des aides ciblées. On peut alors parler de différenciation simultanée.
  • En bâtissant un projet pédagogique qui intègre la différenciation et permette d’identifier les phases pour lesquelles un travail différent sera confié à certains élèves.
  • En prévoyant des aides multiples, adaptées à certains élèves ou des prolongements pour en valoriser d’autres.

6. Organisation des groupes dans les établissements

La mise en oeuvre des groupes de compétences en langues s’est développée à la rentrée 2010 pour les classes de 2nde, dans un certain nombre de lycées et doit se poursuivre dans les autres, notamment en Première à la rentrée 2011, puis en Terminale. L’horaire globalisé imparti est de 5h30 en classe de 2nde qu’il convient de répartir équitablement entre la LV1 et la LV2 afin de faciliter la mise en place de ces groupes. Il en sera de même pour la classe de Première à la rentrée en fonction de l’horaire prévu. Ainsi utilisé, il n’est pas plus coûteux que dans une autre discipline. L’alignement de toutes les classes pour la constitution des groupes n'est pas nécessaire. Il est plutôt conseillé d’aligner des équipes de professeurs plus restreintes (micros-équipes), qui pourront ainsi plus facilement mener une concertation indispensable
pour une prise en compte efficace des besoins des élèves. Elle peut être favorisée quand l’emploi du temps des professeurs le permet.

Le rapport de l'inspection générale de février 2011 fait le point sur l'organisation observée dans certains lycées de plusieurs académies : « On trouve toute la palette d’organisation : depuis un « barrettage » minimal ne concernant qu’une partie des LV et quelques enseignements d’exploration jusqu’au barrettage maximal concernant la totalité de l’horaire de LV, tous les enseignements d’exploration et les options et l’accompagnement personnalisé. (Dans ce cas, l’élève passe plus du tiers de son temps en-dehors de son groupe (ou demi-groupe) classe. Dans un lycée de 11 divisions de 2nde, le nombre de groupes différents d’élèves à gérer pendant une semaine s’élève à 160.) Le nombre de classes alignées peut varier de deux à la totalité (parfois 10 pour certaines activités), mais l’observation et les conclusions des proviseurs concernés montrent qu’au-delà de 4, l’organisation devient trop complexe et tous, élèves et enseignants, sont perdus. … ». On évoque aussi « Ceux qui ont choisi le maintien du groupe classe, en majorité par crainte du désordre ou de la complexité de l’emploi du temps, ou encore parce qu’ils ne sentaient pas les enseignants prêts pour ces « barrettages ». Il peut aussi s’agir d’un choix cohérent avec le projet d’établissement qui se base par exemple sur des « classes à projet ». Mais ce système atteint très vite ses limites pour l’efficacité de l’accompagnement personnalisé et des groupes de compétences en langues où les besoins des élèves sont difficilement pris en compte avec une palette réduite d’enseignants».

Pour conclure, on observe que les groupes de compétences conduisent à une individualisation beaucoup plus grande de l’enseignement des langues. Il n’y a plus aucun élève dont on ne connaisse vraiment le niveau de compétence dans chaque activité langagière. Disparaissent de fait « ces élèves qu’on n’entend jamais et à qui on met 05/20 tout au long de leurs trois années de lycée ».

Les Inspecteurs de langues vivantes

7. Organisation des groupes: le profil linguistique des élèves

Consultez la page "Profil linguistique"

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